Elle n'a pas rencontré ses semblables, c'est elle qui n'est plus la même.

À lire aussi de Annie Ernaux

Une réprobation absolue frappait les divorcés, les communistes, les concubins, les filles mères, les femmes qui boivent, qui ont été tondues à la Libération, qui ne tiennent pas leur maison, etc.
Sans doute, la plus grande souffrance, comme le plus grand bonheur, vient de l'Autre.
Après tout, déposer un livre sur le tapis de la caisse me gêne toujours, comme un sacrilège. Je serais pourtant heureuse d'y voir un des miens, extirpé d'un caddie, glisser entre une plaquette de beurre et des collants.
Plus que la réalité de son bonheur, c'est la conscience de son bonheur qui ne fait pour moi aucun doute, celle-là même dont la nécessité figure dans la citation recopiée dans l'agenda rouge : Il n'y a de bonheur réel que celui dont on se rend compte quand on en jouit - Alexandre Dumas, fils
Ecrire, c'est d'abord ne pas être vu.
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Dans la même œuvre

J'ai voulu l'oublier cette fille. L'oublier vraiment, c'est-à-dire ne plus avoir envie d'écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n'y suis jamais parvenue
Ce n'est pas à lui qu'elle se soumet, c'est à une loi indiscutable, universelle, celle d'une sauvagerie masculine qu'un jour ou l'autre il lui aurait bien fallu subir. Que cette loi soit brutale et sale, c'est ainsi.
J'ai retrouvé dans mes papiers une sorte de note d'intention : Explorer le gouffre entre l'effarante réalité de ce qui arrive, au moment où ça arrive et l'étrange irréalité que revêt, des années après, ce qui est arrivé
J'opte pour l'indécision : d'avoir reçu les clés pour comprendre la honte ne donne pas le pouvoir de l'effacer.
Je les envie sincèrement. Elles ne savent pas qu'elles ont la meilleure part. C'est bête de ne pas savoir à quel moment on serait le plus heureux.